• Le 12 mai 2015

La France compte aujourd’hui 4 millions d'asthmatiques. Pour plus de la moitié de ces personnes, la cause est la même : l’allergie aux acariens. Un nouveau vaccin préventif est en cours de développement par des chercheurs de l’Institut du thorax (UMR 1087 - Université de Nantes - Inserm – CHU de Nantes - CNRS) en collaboration avec des chercheurs autrichiens et de l’Inra de Nantes (Unité BIA - Biopolymères Interactions Assemblages).

Les chercheurs nantais ont "fabriqué" le nouveau vaccin en synthétisant une petite partie d'une des protéines coupables des allergies avant de l'administrer à des souris rendues volontairement asthmatiques et allergiques aux acariens. Les premiers tests réalisés à Nantes au sein de l'Institut du thorax (UMR 1087 - Université de Nantes, - Inserm - CHU de Nantes - CNRS) ont été jusque-là très concluants. "Le phénotype asthmatique de la souris disparait après administration de cette protéine. On a réussi à supprimer complètement la réactivité des bronches. Il n'y a plus rien", explique le professeur Antoine Magnan, responsable de l'équipe "Pathologies bronchiques et Allergies" à l'Institut du thorax et pneumologue au CHU de Nantes.

  • Efficace contre la plupart des acariens
Car les expérimentations n'ont pas seulement permis de constater une diminution de l'asthme chez la souris, mais sa disparition totale. "C'est peut-être cela qui est le plus intéressant", souligne le professeur Antoine Magnan. "On a réussi à supprimer complètement la réactivité des voies aériennes (bronches) et ce, sans effets secondaires. Il n'y a a priori aucun risque de déclencher une réaction allergique car la part de protéine d'acariens administrée n'est pas reconnue par les cellules et les anticorps qui déclenchent l'allergie", poursuit-il. Autre motif de satisfaction, le vaccin se montrerait efficace sur les 2 principaux types d'acariens présents dans la poussière de nos maisons et auxquels toutes les personnes allergiques sont les plus sensibles (dermatophagoïdes pteronyssinus et dermatophatoïdes farinae).

  • Une vraie alternative à l'immunothérapie
Le futur vaccin garantirait aujourd'hui une protection "de plusieurs mois" chez la souris. Si pour l'homme la durée n'est pas encore connue, le vaccin s'annonce d'ores et déjà comme une vraie alternative à l'immunothérapie (par voie cutanée ou sublingale) jusque-là seul moyen préventif contre l'allergie aux acariens. Plusieurs tests restent encore à réaliser avant un premier essai sur l'homme mais "on peut envisager des tests d'ici 5 à 7 ans. Il faut encore tester à quel moment le donner et évaluer le temps où le vaccin peut être efficace contre l'asthme", conclut le professeur Antoine Magnan.