• Le 12 février 2015

Depuis quelques semaines, une équipe de recherche nantaise du Laboratoire d’Ingénierie Ostéo-Articulaire et Dentaire (LIOAD - Université de Nantes-Inserm) travaille à la mise au point d'une nouvelle molécule innovante qui annonce une avancée majeure dans le domaine de la médecine régénérative.

C'est peut-être une petite révolution qui se prépare. Imaginez une molécule fabriquée à partir d'un petit ver marin, qui se substituerait à l'hémoglobine et qui transporterait assez d'oxygène pour régénérer les tissus osseux défectueux. Cette possibilité pourrait bien devenir réalité d'ici quelques années. La start-up Hemarina (Morlaix) développe en effet depuis 2007 les propriétés d'une toute nouvelle "biomolécule" marine qui annonce d'ores et déjà de prometteuses applications dans le domaine médical, et notamment dans le domaine de la médecine régénérative. "Pour se régénérer, tous les tissus du corps humain ont besoin de l'oxygène contenu dans l'hémoglobine et les globules rouges", résume Pierre Weiss, directeur du Laboratoire d'Ingénierie Ostéo-Articulaire et Dentaire (LIOAD). "L'objectif du projet est donc de pouvoir fabriquer une molécule innovante qui serait capable de transporter efficacement l'oxygène dans ces cellules."
 
  • Des expérimentations en laboratoire jusqu'en 2017
Reconnu sur le plan national et international notamment dans le développement de biomatériaux de substitution osseuse, le Laboratoire d'Ingénierie Ostéo-Articulaire et Dentaire (LIOAD - Université de Nantes-Inserm) s'est associé au projet R&D collaboratif MARbiotech® (1) à la mise au point de cette biomolécule, spécifiquement pour le traitement des maladies osseuses étudiées par le laboratoire nantais. En lien avec la société bretonne, le LIOAD va ainsi associer pendant les deux prochaines années cette molécule à ses propres matrices osseuses pour la tester, en évaluer la compatibilité et son efficacité. "Nous allons voir si le transport d'oxygène est toujours possible sur nos cellules, si cela va également modifier leurs propriétés chimiques", souligne Pierre Weiss. "L'objectif de cette phase est de voir comment les cellules vont se comporter. Vont-elles vivre ? Vont-elles mourir ? Vont-elles proliférer ?" De ces expérimentations, résultera une biomolécule marine qui pourrait être, à terme, capable de traiter certaines maladies osseuses et notamment l'ostéoradionécrose, une complication grave touchant la mâchoire et sur laquelle le LIOAD travaille depuis plusieurs années.
 
  • Un projet innovant interrégional
A la frontière de la recherche médicale et de la recherche marine, le projet MARbiotech® valorise également une collaboration interrégionale innovante entre une start-up bretonne et un laboratoire ligérien habitué aux collaborations avec le monde socio-économique et académique. Le LIOAD mène en effet depuis plusieurs années une importante recherche appliquée et s'implique régulièrement dans de nombreux projets interdisciplinaires sur son territoire, notamment dans le domaine de la Mer, avec l'Ifremer en particulier. La participation du LIOAD illustre également la politique de recherche menée par l'Université de Nantes qui fait de la Mer et de la Santé deux de ses axes majeurs de développement.

(1) Le projet MARbiotech® a été labellisé par le Pôle Mer Bretagne Atlantique et co-labellisé par les pôles de compétitivité Atlanpole Biothérapies (44) et Médicen (75). Il a été sélectionné dans le cadre du 18e appel à projets du Fonds unique interministériel (FUI) pour un financement supérieur à 2 M€.